Les émotions ont longtemps été considérées comme des perturbations ou des faiblesses dans le monde de l’entreprise, qui se voulait celui de la raison et de la logique.

Depuis, les neurosciences ont démontré que l’être humain n’est pas un être purement rationnel (désolé Descartes). Nos émotions jouent un rôle essentiel dans nos comportements et par conséquent dans nos activités professionnelles.

Ce qui pose problème, ce ne sont pas les émotions elles-mêmes, mais les comportements inadaptés, ou excessifs, qui surgissent parce qu’on n’a pas assez tenu compte de ces dernières.

Les émotions sont partout, inutile de les nier

Tous les jours, nous sommes traversés par des émotions qui impactent notre comportement.

Lors d’une réunion, Sammy émet une critique sur les prestations de Paul dans le dossier Lambert. Paul juge la remarque déplacée et injuste. Il répond sèchement à son collègue de « se mêler de ses oignons ». Depuis, les deux compères se tirent la tête et ne veulent plus se parler. Ce qui n’est pas idéal pour travailler en équipe.

De son côté, Vinciane hésite à donner un feedback sensible à Cathy sur sa dernière présentation. Elle estime celle-ci fort susceptible et a peur de susciter une réaction agressive de sa part. Du coup, Vinciane se reproche sa lâcheté et culpabilise d’être une mauvaise manager.

Bref des émotions mal régulées en ont entraîné d’autres, tout aussi désagréables. Bonjour le cercle vicieux.

Alors, plutôt que de nier nos émotions, si nous écoutions ce qu’elles ont à nous dire pour ensuite adopter le comportement le plus adéquat.

Les émotions sont utiles, nos comportements pas toujours adaptés

Depuis toujours, les émotions ont pour but d’assurer la survie et le développement de l’espèce humaine. Elles sont un mécanisme adaptatif qui nous permet de réagir de manière rapide, et donc automatique, face à des situations problématiques.

Imaginez votre ancêtre Grmpf confronté à un prédateur à la mâchoire acérée, prêt à en faire son menu du jour. S’il veut sauver sa peau, Grmpf a intérêt à ne pas trop réfléchir et à mobiliser ses muscles pour tuer ou faire fuir son agresseur. C’est à cela que servait la colère :  trouver l’énergie pour se défendre avec force.

Depuis cette époque, l’être humain s’est développé et les situations rencontrées sont devenues plus complexes. Mais le mécanisme émotionnel est resté le même.

Lorsque vous êtes en réunion, et qu’un collègue vous attaque verbalement, votre vie n’est pas réellement en danger (sauf si celui-ci sort dans la foulée un couteau ou un gourdin, mais avouez que la probabilité est très faible). Pourtant, d’une certaine façon, votre intégrité est menacée et la colère vous invite à réagir. Comment le faire de la manière la plus efficace ?

Écouter son émotion pour mieux réagir

L’émotion est un messager. Elle nous dit que quelque chose ne va pas et nous incite à réagir.

La colère est utile quand elle nous susurre à l’oreille : « quelqu’un te marche sur les pieds, ne te laisse pas faire ». Nous avons tout intérêt à l’écouter.

L’enjeu est de prendre conscience de cette colère pour ne pas nous laisser emporter par elle. Nous pouvons nous en servir comme une force, plutôt qu’elle devienne un boulet.

Paul aurait pu dire calmement et fermement à Sammy : « Je peux accepter les critiques, mais pas de cette manière. Si tu as quelque chose à me reprocher, viens avec des faits et propose une solution ». Cela aurait été une manière plus judicieuse de réagir, sans se laisser faire, et sans agresser inutilement.

L’émotion de peur voulait simplement prévenir Vinciane : « Attention, c’est délicat. Prépare bien ton feedback. Et sois prête s’il y a un retour de flamme de la part de Cathy. ».

L’intelligence émotionnelle, une compétence à acquérir

Nous avons tout intérêt à accorder plus attention à nos émotions, pour pouvoir choisir le comportement qui nous permet d’atteindre nos objectifs professionnels et/ou privés.

Malheureusement, nous sommes des quasi-analphabètes émotionnels. Depuis notre enfance, on nous a répété : « n’aie pas peur », « ne sois pas triste », « ne te fâche pas » ou encore « cache ta joie ».

Bonne nouvelle, l’intelligence émotionnelle est une compétence que nous pouvons développer. Nous avons tout à y gagner.

 

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